TERRITOIRE
Carte des Principales Régions Baoulé

Le territoire Baoulé est principalement situé au centre de la Côte d’Ivoire, s’étendant entre les fleuves Bandama à l’ouest et Comoé à l’est. Cette zone géographique est souvent désignée sous le nom de « V Baoulé », une appellation qui décrit une pointe de savanes préforestières s’enfonçant sur près de 200 kilomètres au sein des forêts denses du massif guinéen. Cette particularité paysagère est une anomalie dans le tracé habituel du contact forêt-savane en Afrique occidentale, dont l’existence est attribuée à des facteurs géomorphologiques et paléoclimatiques, notamment une relique d’une ancienne oscillation sèche datant d’environ 20 000 ans avant notre ère. La géologie de la région, caractérisée par un bas-plateau granitique et des collines schisteuses et volcaniques, influence directement la répartition des paysages, avec des forêts sur sols ferrallitiques profonds et des savanes sur des sols plus minces et sableux.
Principales Villes et Départements à Forte Présence Baoulé
Les Baoulé vivent majoritairement au centre du pays, avec des concentrations importantes autour des villes de Bouaké et Yamoussoukro. Bien qu’il n’existe pas d’étude statistique axée spécifiquement sur les ethnies en Côte d’Ivoire, la présence Baoulé est prédominante dans plusieurs régions et départements administratifs.
Les départements où la population Baoulé est notable incluent, sans être exclusifs à cette ethnie :
Source : Data Commons, 2021
Il est important de noter que ces chiffres représentent la population totale des départements et ne sont pas exclusifs à l’ethnie Baoulé. Cependant, ces départements sont reconnus comme des zones à forte concentration Baoulé.
Sous-groupes Baoulé et Leurs Localisations Spécifiques
Le peuple Baoulé est composé d’une vingtaine de sous-groupes, chacun associé à des aires géographiques spécifiques, parlant la même langue avec des variations de ton et de prononciation. Cette diversité interne est un aspect fondamental de l’organisation territoriale Baoulé.
Parmi les sous-groupes les plus notables et leurs localisations, on trouve :
- Akouè : Principalement dans la région de Yamoussoukro.
- Agba : Présents dans les départements de Dimbokro, Bocanda et Kouassi-Kouassikro, constituant la région du N’Zi.
- Oualébo : Majoritairement dans le département de Sakassou et Toumodi (Oualèbo Sud). Sakassou est d’ailleurs la capitale traditionnelle du royaume Baoulé et le siège des Oualèbo.
- Faafouè : On les trouve dans la commune et sous-préfecture de Bouaké, ainsi que dans quatre villages de la sous-préfecture de Dimbokro.
- N’gban : Les N’gban-nord occupent l’espace de l’actuelle sous-préfecture de Tié-N’diekro, tandis que d’autres se sont localisés au sud de Toumodi (Kpouèbo). Les N’gban ont opposé une résistance farouche à la pénétration française.
- Satiklan : Situés dans le département de Botro.
- Gôly : Présents dans la sous-préfecture de Bodokro.
- Ahaly : Dans la sous-préfecture de Brobo.
- Sondo : Dans le département de M’bahiakro.
- Fâly : Au nord de Bouaké.
- Dô’n : Occupent l’intersection des sous-préfectures de Bouaké, Sakassou et Languibonou.
- Souhamlin : Dans la sous-préfecture de Taabo.
- Andô : Dans la sous-préfecture de Prikro.
- Elomoué : Dans le département de Tiassalé.
- N’guin : Dans le département de M’bahiakro.
- Yaouré : Principalement dans les départements de Bouaflé, notamment dans la sous-préfecture de Bégbessou.
Certains peuples ayant subi la domination Baoulé, tels que les Ouan (Wan) de Tiéningbué et Kounahiri, ou les N’gain de M’bahiakro, tendent aujourd’hui à s’assimiler aux Baoulé en raison de l’influence culturelle et de la proximité.
Le Royaume Baoulé : Un Héritage Royal et Traditionnel
Le royaume Baoulé (Baouléman), fondé au XVIIIe siècle par Nanan Abla Pokou après son exode du Ghana, est un pilier de l’identité Baoulé. Sakassou est reconnue comme la capitale traditionnelle et le siège de ce royaume. Le roi des Baoulé, Nanan Kassi Anvo en 2020, est entouré de plus de 300 chefs traditionnels, soulignant l’importance de la chefferie centralisée dans l’organisation socio-politique Baoulé. La succession au trône, ouverte aux femmes comme en témoigne la reine Akoua Boni II, puis Nanan N’Ga Tanou Monique, régente de la cour royale, met en lumière une égalité de genre notable dans les structures de pouvoir traditionnelles.




